Billets d'humeur depuis le JAPON
Par Christian Taguet


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Note n° 2 Shinjuku

En commençant mes narrations il y a quelques jours, par envie, par défi, et sous la pression de deux ou trois potes appréciant tant soit peu ma verve plumitive, je pensais à un terme usité dans la presse sous le vocable de notes de voyage, sans que cela ne me satisfasse vraiment, mais petit à petit celui de "billet d'humeur" s'est imposé à mon esprit. A vrai dire je le préfère de très, très loin au précédent car il me donne l'impression d'avoir une complète liberté d'écriture, au gré de mes humeurs justement, sans aucune espèce d'obligation de m'identifier en une espèce de Tintin reporter, chroniqueur et voyageur.

Il faut vous dire que peu enclin à me jeter dans un jogging quotidien et quelque peu mortifié de ma paresse, j'ai décidé de "faire quelque chose" et de faire travailler mes abdos de la tête, afin de leur donner la qualité qui manque à leurs cousins des confins pubiens.

Ceci me semble une démarche d'autant plus salvatrice que la forte consommation carnée alliée à certains abus de mets supérieurement épicés, voire de boissons alcoolisées auxquelles je me suis livré dernièrement en Corée, me plongent dans des rêves violents et essentiellement dû à une tention artérielle ne devant rien aux nombreuses propositions commerciales visant à améliorer nos performances sexuelles de base reçues sur le net.

Une des conséquences les plus désagréables de ce phénomène est l'irruption de cauchemars où ressurgissent d'anciennes belles-mères, adjoints à la culture, fiancées séduites et abandonnées et emmerdeurs de tout poil, ne poursuivant pas d'autres buts que de vous faire sortir du sommeil où il vous a pourtant été bien difficile de plonger. Le tout étant accompagné d'une lourdeur de tête pénible, ma résolution est prise : je vais tenter de sortir de ce piège grâce à une méthode moderne, voire tendance : le manger-penser !

Mon proche avenir nutritif essentiellement composé de poisson cru, allié à cette nouvelle discipline me permettront peut-être d'éviter de recourir à la chimie médicamenteuse par crainte de succomber à la foudroyante rupture d'anévrisme cérébral dispensatrice de sondes diverses, chaises à roulettes et coulures sur le col des pyjamas auxquelles j'aimerai bien échapper le plus longtemps possible.

Bon, le gérant de l'hôtel où je me trouve ayant décidé de procéder à des travaux de percement en tout genre sur les murs qui cernent ma chambre d'environ 6 mètres carrés, je mets fin provisoirement à ce récit, pour procéder à quelques ablutions grâce auxquelles je trouverai sans doute l'énergie d'effectuer une longue promenade dans le quartier de Shinjuku.
A tout bientôt.

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