Billets d'humeur depuis le JAPON Par Christian Taguet
Retour aux actualités Note n° 4 Saké
Aujourd'hui j'ai finalement bu mon saké favori ! J'ai résisté tout de même dix jours avant de céder à la tentation. Attention : il ne faut pas se tromper à propos de cette boisson issue de la fermentation du riz et non d'une quelconque distillation comme certains pourraient tenter de le faire croire en nous proposant un tord boyaux à l'issue de repas pris dans la plupart des restaurants chinois, et qui sifflotent quand un effet de loupe ne nous propose pas des visions de créatures dénudées dans des poses plus ou moins suggestives.
Non ! le saké c'est japonais et ça titre entre 15 et 16 degrés au maximum, et il a des goûts et des parfums très variés, un peu comme dans les différents crus de vins. On peut même le boire chaud, mais c'est là encore comme le vin, c'est un sort réservé aux variétés les plus communes.
En tout cas mes séjours répétés de ce côté du pacifique m'ont permis de pouvoir en découvrir les subtilités et de les apprécier comme il se doit avant de me décider à connaître mon préféré.
Sinon les matinées à l'hôtel me rendent généralement mélancolique. Souvent réveillé à cause des bruits divers de la vie quotidienne surtout. Ma chambre est pourtant très bien, surtout si on se réfère aux standards du genre dans ce pays de la surpopulation citadine.
Mais il y par exemple des corbeaux commaks qui croassent d'une voix de stentor aux petites heures du jour pour exprimer on ne sait quel mal de vivre peut-être. En tout cas, une fois réveillé, difficile de ne pas entendre les bruits d'usine à gaz générés par n'importe quel bâtiment moderne comme cet hôtel, à commencer par ceux des systèmes de climatisation, quand bien même celle de ma chambre est coupée. L'autoroute surélevé à quatre voies minimum est rarement bien loin, le petit frigo de la chambre pousse quelques soupirs réguliers et si pour se détendre on va s'asseoir sur la cuvette des toilettes entièrement automatisée avec jet d'eau incorporé et chauffage à la demande, là encore un ronronnement sanctionne immédiatement votre arrivée.
Bref ! Si on ne s'ennuie pas, surtout au début, saisi qu'on est par le dépaysement, au bout d'un moment tout ça me rend mélancolique !
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