L'histoire

7 artistes se confrontent le temps d'un spectacle à l'orgueil, l'envie, l'avarice, la luxure, la gourmandise, la colère et la paresse. Sept péchés capitaux qui inspirent des numéros de cirque inventifs usant du jonglage et de l'acrobatie, intégrant des numéros de perche, corde, fil, roue allemande ou de balles rebonds.
Un thème universel pour un spectacle intimiste et un grand concentré d'émotions.

Distribution 

Un aréopage d'artistes de talent a donc été constitué, réunissant autour de Michel Arias - jongleur et acrobate membre du Cirque Baroque depuis plus d'une décennie, et initiateur du projet - six jeunes femmes venues d'horizons divers, toutes extrêmement motivées par ce projet original.

Laure Monot : acrobate, formée dès son plus jeune âge à cette discipline, évoluant avec bonheur sur la plupart des agrès aériens existants, membre du Cirque Baroque depuis 1999. Française.

Karen Bourre : jongleuse spécialisée dans les balles rebonds, dont le parcours artistique est passé par Circus Space à Londres. Française.

Véronique Ducatez : danseuse de corde, également spécialisée dans la roue allemande, formée à l'école de cirque de Lomme. Française.

Cécila Hermosilla, comédienne, danseuse, acrobate aérienne, a participé à "Ningen" et "Frankenstein" et à de nombreux spectacles "à la carte". Chilienne.

Aurélie Horde, danseuse, comédienne et clown, son parcours artistique l'avait conduite au Cirque Baroque à l'occasion de la création de "Noir Baroque", spectacle axé sur la danse ; elle a ensuite été présente dans "Candides", "Ningen", "Frankenstein", "Troie" et "Triple Trap". Française.

 

Cette création de Cirque d'aujourd'hui fera siennes les valeurs traditionnelles du Cirque tout en amenant un univers bien particulier, fondé sur l'osmose entre les artistes, la mise en scène et un argumentaire original dans l'univers circassien dont les résonances humaines profondes créeront les conditions pour un spectacle vraiment unique.

Synopsis

« Les nouveaux mystères de Paris »

La scène se situe entre la fin du 19ème et la fin du 20ème siècle à Paris, dans l’appartement, voire l’hôtel particulier, d’un couple de bourgeois ou de vieille noblesse décadente.

La cellule familiale est composée de Monsieur, bel homme de 35 ans, qui a fait très jeune un beau mariage avec une femme ravissante, mais dont l’union ayant plutôt mal tourné (en grande partie du fait de la naissance d’une fille et non d’un héritier, fille mal venue et qui plus est, souffrant de troubles mentaux proches de l’autisme) s’adonne de plus en plus à une vie de noceur et fréquente les lieux de plaisir. Madame, de cinq ans plus jeune que son époux, croyant avoir trouvé le grand amour et fort déçue du comportement de son époux, se réfugie dans l’espoir - toujours déçu - d’une seconde naissance susceptible de ramener la joie et l’équilibre dans son couple. Mademoiselle, quinze ans, mais restée au stade de l’enfance par dégoût de l’existence, ne sort jamais de la maison, prisonnière d’un monde imaginaire dans l’univers confiné de sa chambre. Enfin, les soins du ménage sont assurés par une jeune bonne, venue très tôt de sa Bretagne natale, tenue dans la servitude ménagère et accoutumée à interpeller le Tout Puissant pour qu’Il la libère de sa condition.

Ce soir là, nous découvrons ces quatre personnages dans le grand salon. Alors que Monsieur s’apprête pour une de ses sorties nocturnes devenues coutumières, Madame s’occupe à des travaux de tricot sans cesse recommencés en prévision d’une hypothétique naissance et Mademoiselle dialogue avec sa poupée avant que la bonne ne la coiffe pour son coucher. Monsieur, seul habilité à utiliser la radio, se « chauffe » en se préparant à son escapade nocturne avant de saluer son épouse avec mépris, d’envoyer sa fille dans sa chambre de façon péremptoire et de partir après que la bonne l’eut aidé à se vêtir.

En son absence, Madame continue son ouvrage tout en chantonnant tristement, tandis que la bonne se livre à ses tâches quotidiennes. Elles doivent rester éveillées dans l’attente du retour de Monsieur, souvent accompagné de compagnons de fête qu’il faudra peut-être nourrir et abreuver à leur arrivée.

La bonne s’échappe toutefois, comme bien souvent, pour interpeller Dieu, en cachette dans la petite chapelle de Madame pour qu’Il lui vienne en aide. Mademoiselle, pour sa part, est dans sa chambre où elle se livre à son activité favorite qui est de revêtir son unique robe en rêvant qu’elle se promène dans le monde extérieur.

Au milieu de la nuit, Monsieur rentre en compagnie de deux jeunes femmes rencontrées dans un lieu de plaisir quelconque, bar ou boîte de nuit et d’un musicien, pianiste de bar sans doute. La promesse d’une folle nuit bien arrosée et peut-être pour ces demoiselles - connaissant probablement déjà Monsieur - l’espoir de le séduire pour prendre la place de l’épouse délaissée, ont conduit ces noctambules à accepter l’invitation à souper.

à leur arrivée, Monsieur fait les honneurs de sa cave en produisant force bouteilles. Il se livre ensuite à des pratiques répréhensibles à l’encontre de Madame, à la fois pour bien montrer qu’il est le maître chez lui et pour exciter l’imagination de ses invités. Le musicien s’est installé au piano et ponctue de façon grotesque, en reprenant des thèmes à la mode, les « exploits » de Monsieur.

Une des jeunes personnes présentes lui joue alors un grand numéro de séduction, bientôt imitée par son amie qui effectue même un véritable strip-tease, c’est sans doute son métier ! La fête bat son plein et la bonne, venue pour apporter à boire, est prise à partie par les convives et contrainte à effectuer à son tour un strip-tease fort divertissant pour l’assistance.

à ce moment là, la jeune fille, dont la bonne avait omis de pousser le loquet de la porte de sa chambre, fait irruption dans la pièce. Son apparition provoque un choc parmi l’assistance et son esprit, à la vue de cette scène de débauche à laquelle la bonne et ses parents se trouvent mêlés, le subit aussi.

Après avoir tenté de s’évader de cette situation insupportable par le rêve à sa façon coutumière, elle interpelle finalement son père, à la grande stupéfaction de celui-ci car ce sont ses premières paroles publiques, alors même qu’on la pensait dans l’incapacité de parler.

Le père entre alors dans une violente colère, détruisant une partie du mobilier, avant de subir le choc de cette intervention. C’est alors que complètement dégrisé, il réalise la vanité de son comportement et toute l’ampleur de son attachement envers son épouse. Celle-ci va alors lui rappeler, avec une infinie délicatesse, la qualité de ses sentiments à son égard, le ramenant alors totalement dans son girond.

à cet instant, la bonne, au cours d’une ultime prière, va découvrir par hasard et comme par miracle un énorme magot dissimulé dans le campanile. Elle décide alors de se l’approprier pour quitter cette demeure maudite en compagnie de ses nouveaux amis, les deux jeunes femmes et le musicien. Monsieur ayant tenté de s’opposer à ce projet, s’ensuit une violente querelle entre lui et les trois jeunes femmes. Au milieu de cette querelle, Mademoiselle réapparaît et annonce qu’elle quitte la demeure familiale en abandonnant tout ce qui faisait partie de son ancienne vie, affirmant ainsi son désir d’affranchissement total.

On aura compris qu’au cours de cette soirée, l’ensemble des sept péchés capitaux aura été mis à contribution.

Cette scène, qui semble tout droit sortir d’un roman d’Eugène Sue, n’a jamais été dialoguée pour être présentée au théâtre et au jour d’aujourd’hui cela serait sans doute dénué d’intérêt : La mode en ce domaine ayant bien évoluée ! !

Il nous a paru tout à fait passionnant de la montrer dans un langage circassien purement visuel, parfaitement à même d’exprimer toute la palette des sentiments présents et surtout capable de créer des émotions allant très au delà de ce que l’on attendrait de la lecture d’un roman à l’eau de rose ou de sa représentation théâtrale.

Christian Taguet.